Une page se tourne. Gaël Monfils, 39 ans, a officialisé en janvier sa retraite sportive pour la fin de l’année 2026. Et sa vie d’après n’a rien à voir avec un rôle de consultant tennis.
583 victoires, 350 défaites, 13 titres en simple et un classement de numéro 6 mondial atteint en 2016 — les chiffres parlent d’eux-mêmes. « La Monf » aura passé deux décennies sur le circuit ATP, enchaînant les performances spectaculaires et les blessures, restant l’un des joueurs les plus aimés du public grâce à un style de jeu unique, athlétique, parfois acrobatique jusqu’à l’absurde.
À Roland-Garros, son bilan est particulièrement éloquent : 40 victoires pour 17 défaites, une demi-finale en 2008, trois quarts de finale. Un palmarès solide sur la terre battue parisienne, même si le Grand Chelem lui a toujours échappé. Monfils l’admet sans détour : « Même si je m’en suis approché, je n’ai jamais gagné un Grand Chelem. Je ne prétends pas m’attendre à y parvenir au cours de la prochaine année. »
Honnêteté désarmante. C’est d’ailleurs ce qu’on a toujours aimé chez lui — cette façon de dire les choses sans fard, sans la langue de bois habituelle du tennis professionnel.
Un dernier Roland-Garros avec wildcard, et un hommage prévu
La Fédération française de tennis a accordé à Monfils une wildcard pour Roland-Garros 2026, qui se dispute du 24 mai au 7 juin. Ce sera sa 19e et dernière participation au Grand Chelem parisien. La FFT a d’ores et déjà annoncé, lors de la conférence de presse de présentation du tournoi en avril, qu’un hommage lui sera rendu à l’issue de son dernier match sur la terre battue de la Porte d’Auteuil.
Il ne sera pas seul dans cette situation. Stan Wawrinka, 41 ans et vainqueur de Roland-Garros en 2015, a lui aussi reçu une invitation pour ce qui constituera sa 21e et ultime participation au tournoi.
Avant de baisser définitivement le rideau, Monfils garde un objectif en tête : « Gagner un titre de plus avant d’en terminer serait vraiment incroyable. » Optimiste jusqu’au bout, fidèle à lui-même.
Les adieux, les mots et une génération qui s’en va
C’est sur ses réseaux sociaux que le Français a choisi d’annoncer sa retraite, avec un message long et touchant. « Quand tu aimes tant quelque chose, il semble ne pas y avoir de bon moment pour dire au revoir. Mais 40 ans, ce sera le bon moment pour moi », a-t-il écrit.
Il a pris soin de remercier ses proches — ses parents, sa femme Elina Svitolina, leur fille — avant de rendre hommage à ses trois compères de toujours : « Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon et Richard Gasquet, mes trois mousquetaires et meilleurs amis pour la vie. »
Avec le départ de Monfils, c’est bien toute la génération dorée du tennis français masculin qui aura officiellement tiré sa révérence. Tsonga, Simon et Gasquet avaient déjà raccroché avant lui. Une époque se referme, celle des Français qui faisaient trembler les plus grands sans jamais tout à fait décrocher le Graal.
Finance, famille, et une vraie coupure avec le tennis
Sa reconversion, elle, a surpris plus d’un observateur. En conférence de presse, Monfils a été clair et direct : « Je vais travailler dans la finance. Ma femme continuera à jouer au tennis. Je resterai à la maison avec ma fille. Je ne pense pas que je voyagerai beaucoup, donc je vais faire une pause dans le tennis. »
Pas de coaching, pas de commentateur TV, pas d’académie. La finance. Un virage à 180 degrés que peu auraient anticipé pour l’un des personnages les plus expressifs et les plus extravertis du circuit. Mais Monfils a toujours aimé déjouer les pronostics.
Il lui reste encore quelques mois de compétition, quelques matchs à savourer — « apprécier chaque minute », comme il dit lui-même — avant le clap de fin programmé pour la fin de l’année 2026.
