On connaît tous “Thriller”. On en a vu les pas de danse, les zombies, le sourire de Vincent Price. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que Michael Jackson a tenté de faire encore mieux dans les années 90, avec à ses côtés deux noms qui font froid dans le dos, dans le bon sens du terme.
Stephen King. Stan Winston. Et 39 minutes de pur spectacle horrifique.
Un projet né dans l’ombre des Addams
Tout commence en 1993. Michael Jackson veut créer un court-métrage d’horreur qui servirait de tie-in pour le film La Famille Addams 2. Le projet s’appelle alors “Is This Scary ?”, et l’histoire est co-écrite avec Stephen King en personne. Mick Garris, qui avait lui-même joué un zombie dans “Thriller”, est attaché au projet comme scénariste et réalisateur.
Puis les accusations d’abus contre Jackson éclatent. La production s’arrête net. Les liens avec le film des Addams sont abandonnés.
Trois ans plus tard, le projet reprend vie sous un nouveau titre, Michael Jackson’s Ghosts. Mick Garris est entre-temps parti réaliser la minisérie The Shining. C’est alors Stan Winston, maître absolu des effets spéciaux, qui prend la barre de la réalisation. Une équipe, six semaines de tournage, et un résultat qui dépasse tout ce qui avait été envisagé au départ.
Le film tourne autour d’un magicien excentrique nommé Maestro, qui anime chaque jour la vie des enfants de la ville depuis son manoir hanté. Un soir d’orage, le maire local débarque avec une foule de citoyens en colère, bien décidés à le chasser.
Michael Jackson dans cinq rôles
Ce qui rend Ghosts vraiment unique, c’est l’ambition démesurée de sa conception. Jackson y incarne cinq personnages différents, dont le Maestro, le maire, un squelette, le Super Fantôme et le Fantôme-Maire. Quatre de ces rôles ont nécessité des heures en chaise de maquillage et un travail de prothèses considérable.
“Je voulais que Michael joue le gars de la maison hantée, mais aussi le maire de la ville, et un démon maléfique qui intervient à un moment donné. Michael voulait désespérément être accepté comme acteur, comme quelque chose de plus que le Roi de la Pop. Mais il était si difficile pour les gens de dépasser la persona de Michael. J’ai pensé que la seule façon pour qu’il soit accepté comme un vrai acteur, c’était qu’il joue tous ces rôles, déguisé sous du maquillage, afin que personne ne sache que c’était lui jusqu’à la fin. Et il a été très favorable à cette idée.”
Un record du monde et Cannes
Le film a été projeté au Festival de Cannes et a détenu le Guinness World Record du plus long clip musical jusqu’en 2013. Pourtant, malgré ces distinctions, Ghosts n’a bénéficié que d’une sortie limitée, loin de l’impact mondial de “Thriller”.
Les parallèles entre l’histoire du film et la vie réelle de Jackson n’ont pas aidé. Le message de tolérance et d’acceptation au cœur du récit prenait une résonance particulière, mais aussi une charge émotionnelle qui compliquait sa réception publique.
À noter, le film a également été projeté en bonus avec certaines copies de l’adaptation de Stephen King, Thinner, ce qui l’ancre définitivement dans la culture horrifique.
Ce détail-là mérite d’être retenu. Michael Jackson’s Ghosts est le dernier film que Stan Winston ait dirigé. Une fin de parcours derrière la caméra pour un génie des effets spéciaux, sur un projet qui reste à ce jour l’un des objets les plus singuliers de la pop culture.
Si vous ne l’avez jamais vu, le moment est venu de corriger ça.
