« C’est un coup monté de tout le monde ! » Les deux prévenus qui se tiennent devant elle à la barre du tribunal correctionnel agacent la présidente. Cet homme de 37 ans et cette femme de 29 ans doivent répondre de l’enlèvement et de la séquestration d’une jeune femme, entre le 25 et le 28 septembre 2022, dans un logement du Braden, à Quimper.
Tous deux nient les faits.
Selon la victime, le samedi, vers 3 h, l’homme, qu’elle connaissait, était venu à son domicile avec un ami. Le trio avait bu et consommé de la drogue jusqu’à ce que les réserves se tarissent. C’est ensuite que, les yeux bandés, l’homme aurait obligé la victime, en béquille, à l’accompagner au Braden. « Elle a voulu me suivre », conteste le prévenu.
« Je vais te péter l’autre jambe »
Ils se retrouvent dans le logement qu’il occupe avec sa compagne, alors enceinte. À partir de là, les versions divergent. Là où la victime parle de gifles, de devoir demander l’autorisation pour aller aux toilettes et d’un appartement fermé en permanence, l’ancien couple livre un tout autre récit. « On buvait, on fumait, on jouait aux cartes tous ensemble. »
Pourtant, une semaine auparavant, les deux femmes s’étaient insultées et menacées sur les réseaux sociaux. « Je vais te péter l’autre jambe », avait notamment écrit la prévenue. Dans le logement de 50 m2, à la limite de l’insalubrité, les témoins décrivent un défilé permanent de proches du couple. Ces derniers confirment la présence de la victime pendant quatre jours.
La jeune femme a les cheveux coupés malgré elle. « Elle m’a demandé d’égaliser », répond la prévenue. Une reconnaissance de dette de 5 000 € est signée. « Je ne suis pas au courant », poursuit-elle avec aplomb. Pour les coups, ils nient. Le médecin relèvera vingt-six ecchymoses.
« Elle voulait un enfant de moi »
Au fil de l’audience, l’homme et la femme crient au complot et dénoncent de faux témoignages et des personnes qui cherchent à leur nuire. « Tous les gens dans le dossier sont venus s’excuser », assure le prévenu. Pour expliquer les accusations de la victime, il finit par annoncer : « Elle voulait un enfant de moi. J’ai refusé. C’était juste un plan cul ».
Invitée à parler, la victime, assistée de Me Marc Buisine, réitère : « C’est la vérité, j’ai été séquestrée et violentée ». Pour le substitut du procureur, « elle est terrifiée. Elle est dans une situation constante de séquestration », affirme-t-il au fil de sa démonstration. Et de requérir pour l’homme deux ans de prison avec mandat de dépôt différé et trois ans dont deux avec sursis probatoire pour la femme.
Pour la défense, Mes Caroline Dussud et Pierre Gentric plaident la relaxe sur la séquestration. La femme n’a en effet reconnu que les violences. Sébastien Tripoli est condamné à deux ans de prison, sans mandat de dépôt. Livencia Tonli écope de deux ans, dont six mois avec sursis, sans mandat de dépôt.