Ensemble pour réclamer justice. Les proches de Nahel Merzouk, tué par balle lors d’un contrôle de police le 27 juin 2023, ont rassemblé plusieurs centaines de manifestants ce samedi, à Nanterre, pour marcher contre l’« impunité policière ». Une manifestation qui intervient quelques semaines après la requalification des faits à l’encontre de l’auteur du tir à bout portant.
Initialement poursuivi pour « meurtre », le policier mis en cause sera finalement jugé pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », a ordonné début mars la cour d’appel de Versailles. Une décision qui a entraîné plusieurs pourvois en cassation.
« On ne peut pas accepter ça »
Les manifestants, réunis pour cette marche contre l’« impunité policière », étaient 600, selon une source policière, « nettement plus d’un millier », selon un organisateur. Ils ont réclamé justice pour Nahel, mais aussi pour Sulivan, ou pour Adama. « On ne peut pas accepter ça, je ne peux pas… Ils ont voulu le tuer », a affirmé Mounia Merzouk, la mère de Nahel, qui a rappelé, devant les manifestants à l’arrivée de la marche sur la place Nelson Mandela à Nanterre, que les policiers étaient initialement poursuivis pour meurtre.
Un lieu doublement symbolique : c’est dans une rue adjacente que le policier a tiré sur Nahel, action filmée par un témoin et dont les images ont fait le tour du monde, entraînant plusieurs nuits de violences urbaines en France. De l’autre côté de la place est situé le tribunal judiciaire de Nanterre, où l’affaire a été instruite.
« Je me souviens très bien de cet endroit que j’ai vu en vidéo, on avait parlé des violences policières avec mon frère. Un an après, c’était son tour », a évoqué Mehdi Sauvey avant l’intervention de Mounia Merzouk. Son frère Sulivan a été tué par un tir mortel d’une policière en juin 2024 à Cherbourg alors qu’il tentait d’échapper à pied au contrôle routier du véhicule volé dans lequel il circulait en tant que passager.
Plusieurs pourvois en cassation
A la tribune, plus d’une dizaine de personnes ont pris la parole, dont Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré, dont le frère est mort en juillet 2016 et pour lequel la Cour de cassation a confirmé un non-lieu en février, ou encore le producteur Michel Zecler, agressé à Paris en novembre 2020 dans son studio par des policiers.
Du côté de l’enquête sur la mort de Nahel, le parquet de la cour d’appel de Versailles a formé un pourvoi en cassation le 13 mars. L’avocat du policier, Me Laurent-Franck Liénard, qui espère un non-lieu, a également formé un pourvoi. Des membres de la famille de l’adolescent ont aussi formé des pourvois.