« C’était quelqu’un de très gentil, toujours joyeux, toujours à l’écoute des autres. Il avait vraiment le cœur sur la main. Il faut croire que le paradis avait besoin d’un ange de plus. » Il est 11 h 30, ce mercredi 18 mars. Face à l’hôtel sport et spa La Voile d’Or, le soleil inonde la lagune de Sables-d’Or-les-Pins. Les yeux embués, un jeune couple, 25 ans chacun, prend le temps d’observer ce pin planté en bord de route dont l’écorce a été déchiquetée à la base.
On l’a vu le week-end dernier. On projetait de passer le week-end ensemble. Se dire qu’il n’est plus là, c’est très difficile à accepter.
Louise et Pierre (1) habitent en périphérie de Saint-Brieuc. Alertés du décès de leur ami par téléphone, vers 8 h 30, ils ont souhaité se rendre sur lieux du drame pour tenter de comprendre ce qui s’y est déroulé. Les maigres cicatrices encore visibles tant sur la chaussée que le bas-côté ne font que renforcer leur questionnement. Aucune trace de freinage au sol, des chasse-roues en bois peu abîmés, une légère empreinte de roues dans la noue enherbée. « On n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé. (…) On ressent de la colère et de l’injustice », confie Louise, bouleversée.
Habitué de la station et mécanicien
Plus tôt, dans la nuit, vers 3 h, une Peugeot 307 circulant allée des Acacias, depuis le centre de la station balnéaire en direction du bourg de Plurien, a traversé la chaussée avant de venir percuter violemment un arbre et de s’immobiliser à proximité. Malgré l’intervention des secours, le jeune conducteur, seul à bord, n’a pu être réanimé. Son décès a été constaté sur place. Informé de l’accident, le maire de Plurien, Jean-Pierre Omnès, s’est rendu sur les lieux vers 4 h. Lui aussi évoque « une incompréhension » quant aux circonstances de la collision mortelle. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie.
Aux dires de Louise et Pierre, leur copain originaire d’Hénanbihen avait ses habitudes au bar Les Trois Cannes, situé à 200 mètres de là. La bande d’amis s’y rendait régulièrement. Mécanicien au garage Dupretz, à Plurien, « sa joie de vivre » et « ses mains pleines de graisse » demeurent intacts dans la mémoire de ses proches, eux aussi dans le secteur de l’automobile. « On l’a vu le week-end dernier. On projetait de passer le week-end ensemble, avec sa compagne et d’autres amis. Se dire qu’il n’est plus là, c’est très difficile à accepter. »
Un manque d’aménagements pointé du doigt
Sidérés par cet accident tragique, certains riverains pointent des carences dans l’aménagement de cet axe routier : « les gens roulent beaucoup trop vite ». Située sur le territoire de deux communes, Fréhel et Plurien, l’allée des Acacias est limitée à 50 km/h. Plusieurs commerçants et l’association des résidents des Sables-d’Or ont demandé aux élus de l’abaisser à 30 km/h. La pose de ralentisseurs a également été formulée. En vain.
En septembre dernier, des mesures de vitesse ont été réalisées durant une semaine par le Département, gestionnaire de la D34. « Les conclusions étaient très précises : très peu de voitures roulaient vite, indique Jean-Pierre Omnès. On ne peut donc pas aménager juste avec un ressenti. »
(1) Prénoms d’emprunt.