La hiérarchie des portiers camerounais expatriés n’a jamais été aussi incertaine. À mi-saison 2025-2026, les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre ceux qui confirment, ceux qui peinent et ceux qui cherchent encore leurs marques, le sélectionneur national a du pain sur la planche.
Pendant que le football camerounais guette chaque week-end les performances de ses gardiens disséminés aux quatre coins de l’Europe, une réalité s’impose : les trajectoires divergent, parfois radicalement. Un seul poste, mais autant de situations que de clubs. Portrait d’une concurrence ouverte.
Epassy, le patron discret de Bucarest
Loin des projecteurs de la grande scène européenne, Devis Epassy s’est construit une saison solide et sans bruit à Bucarest. En 19 matchs sous les couleurs du Dinamo, l’ancien Lion affiche 8 clean sheets et seulement 16 buts encaissés. Dans un championnat roumain qui ne fait pas de cadeaux, ces statistiques respirent la régularité. C’est peut-être lui, aujourd’hui, qui présente le dossier le plus convaincant sur la durée.
Ngapandouetnbu, la jeunesse qui pousse
À Montpellier, Simon Ngapandouetnbu continue de grandir. Vingt matchs de Ligue 1, 19 buts encaissés, 6 clean sheets. Le tableau n’est pas parfait, mais il dessine la courbe d’un portier qui progresse dans l’un des championnats les plus exigeants du continent. À son âge, tenir sa place dans l’élite française est déjà une forme de victoire. La sélection nationale a noté.
Onana, le géant qui vacille
C’est évidemment le cas qui retient le plus l’attention. André Onana, gardien de Manchester United et figure tutélaire du football camerounais, traverse une période de turbulences. Partagé entre Trabzonspor et Manchester United cette saison, il cumule 20 matchs pour 31 buts encaissés et seulement 4 clean sheets. Des chiffres qui interrogent, surtout pour un gardien de son calibre et de son expérience. Le natif de Nkol Ngok n’a pas disparu, mais il n’est plus intouchable. Et c’est peut-être là la vraie information de cette mi-saison.
Noukeu et Ondoa, les retardataires
Plus bas dans la hiérarchie, Blondy Noukeu tente de garder pied avec Boulogne. Quatre matchs, cinq buts encaissés, un clean sheet : un volume encore modeste, mais qui lui permet de ne pas décrocher du circuit compétitif. L’essentiel, pour l’instant.
La situation est plus préoccupante pour Fabrice Ondoa. En deux titularisations avec le club macédonien de Rabotnicki, le portier a encaissé sept buts sans parvenir à garder sa cage inviolée une seule fois. Une entame de saison difficile, dans un contexte défensif visiblement mal huilé autour de lui. Il faudra du temps, et probablement plus de stabilité collective, pour le juger sur pièces.
La course est ouverte
Ce panorama dresse le portrait d’une sélection à la croisée des chemins. L’expérience d’Onana reste un atout, mais elle ne suffit plus à garantir l’automatisme du premier choix si les contre-performances s’accumulent. Epassy, lui, fait valoir une constance que les chiffres récompensent. Ngapandouetnbu, enfin, incarne une alternative crédible et jeune, en pleine ascension.
À l’approche des prochaines échéances internationales, le sélectionneur devra trancher. Non plus sur des noms ou sur des réputations, mais sur des statistiques. Et celles-ci, cette saison, racontent une histoire que personne n’avait vraiment anticipée.

