Un mois après l’incendie meurtrier d’un bar à Crans-Montana (Suisse), la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac) a dénoncé, ce vendredi, un « déficit de coordination » et formulé six propositions pour aider les familles, redoutant une « victimisation secondaire ».
Ce drame, survenu la nuit du Nouvel An dans le bar Le Constellation, a fait 40 morts et 116 blessés, dont de nombreux jeunes Français. Dans un communiqué, la Fenvac alerte sur la « difficulté persistante » pour les proches à identifier leurs interlocuteurs dans ce dossier transfrontalier complexe.
Une épreuve supplémentaire pour des familles
Cette « désorganisation de l’après-urgence » constitue une épreuve supplémentaire pour des familles déjà endeuillées ou au chevet de grands brûlés, estime la fédération.
« À chaque drame collectif, les mêmes difficultés réapparaissent systématiquement », a déploré la présidente de l’association Sandrine Tricot, citée dans le communiqué.
Pour éviter que l’après-drame ne devienne un « labyrinthe », la Fenvac a présenté six propositions concrètes aux autorités. Elle réclame en priorité l’organisation « le plus rapidement possible » d’une réunion d’information centralisée et la mise en place de « coordonnateurs identifiés ».
Au-delà de l’urgence psychologique, certaines familles se heurtent à des obstacles financiers. « Il n’y a pas d’avance de provision à ce jour », a souligné à l’AFP Sophie Cormary, vice-présidente de la Fenvac, qualifiant la situation de « scandaleuse » pour les victimes françaises. La France ayant mis en place des mécanismes de garantie plus protecteurs.
De plus, l’assureur AXA Suisse a fait savoir il y a deux semaines que les garanties souscrites par l’établissement « ne permettraient pas de dédommager tout le monde ».
L’association exige donc une « stratégie indemnitaire coordonnée et équitable » pour éviter des inégalités de traitement selon la nationalité.
« On ne peut pas se porter partie civile en France »
Sur le plan judiciaire, la procédure est complexifiée par l’existence d’une enquête principale en Suisse et d’une « enquête miroir » en France dont le contenu est dépendant de la coopération avec la justice suisse. « On ne peut pas se porter partie civile en France. On n’a pas accès au dossier », a regretté Sophie Cormary, redoutant une « triple peine » pour des familles qui apprennent parfois les évolutions de l’enquête « par les médias ou les réseaux sociaux » sans réel pouvoir d’initiative.
La Fenvac, qui a indiqué avoir saisi les autorités suisses fédérales et cantonales, doit rencontrer prochainement le parquet français.
L’enquête valaisanne a été élargie cette semaine à deux responsables de la sécurité de la commune de Crans-Montana, soupçonnés de manquements dans les contrôles de sécurité.
