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Le contrat douteux de Capgemini avec la controversée ICE de Donald Trump

Le contrat douteux de Capgemini avec la controversée ICE de Donald Trump

L’expression « l’argent n’a pas d’odeur » n’a jamais été aussi vraie depuis que l’Observatoire des multinationales et France Télévisions ont révélé les liens commerciaux entre la filiale américaine de Capgemini et la très contestée police anti-immigration ICE de Donald Trump. Des révélations assez honteuses pour que le groupe, côté au CAC40, tente d’en effacer les traces. Trop tard pour éviter une chute à la Bourse de Paris de l’action du groupe français, lequel est désormais dans le viseur de Bercy.

Dans l’Œil du 20 Heures de France Télévisions, diffusé mardi, on apprend les liens commerciaux que Capgemini Government Solutions LLC, filiale américaine de Capgemini, entretient depuis de nombreuses années avec le gouvernement américain. Cette filiale a notamment remporté plusieurs contrats avec le département de la sécurité intérieure, dont dépend la tristement célèbre agence fédérale Immigration and Customs Enforcement (ICE).

Une récompense au résultat à 365 millions de dollars

Le dernier appel d’offres lancé par le département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis pour son service des douanes et de l’immigration a été en partie remporté par Capgemini Government Solutions le 18 décembre dernier. Selon le contrat, que 20 Minutes a consulté, il s’agit de fournir à l’ICE « un service de skip tracing national », autrement dit de pister les migrants, de les localiser et de fournir les informations à l’ICE pour qu’ils soient arrêtés et expulsés. Un contrat qui court jusqu’au 15 mars 2026 pour un montant de 4,8 millions de dollars (4 millions d’euros), renouvelable. Et le contrat est accompagné d’une clause intitulée « Potential Award Amount », une récompense potentielle, d’un montant de 365,8 millions de dollars.

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Comme le précise l’Observatoire des multinationales, Capgemini Government Solutions LLC assumait pleinement son partenariat avec l’ICE. Du moins jusqu’à il y a quelques jours, lorsque la page a été effacée du site internet. Sauf que le web a une mémoire presque infinie. L’archive de cette page, consultée par 20 Minutes, dans la rubrique « histoires à succès », Capgemini se vantait de fournir « des services essentiels de planification, de reporting et d’analyse à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) ». Des services consistant notamment à « aider à minimiser le temps nécessaire et les coûts encourus pour expulser tous les étrangers illégaux des États-Unis ».

Dégringolade à la Bourse de Paris

Dans le contexte aux Etats-Unis, où des agents de l’ICE ont tué deux personnes, où la politique de Trump commence à faire grincer des dents au sein même de son parti, les révélations de nos confrères et de l’Observatoire des multinationales ont eu des répercussions jusqu’en France, mère patrie de Capgemini. Mardi matin, au lendemain de la diffusion de l’émission, l’action du groupe au CAC40 a entamé une dégringolade qui se poursuit ce mercredi pour atteindre près de -6 %.

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Mardi, à l’Assemblée nationale, lors d’une séance de question au gouvernement, le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a estimé que « quand une entreprise française semble impliquée dans des actions de ce type, la moindre des choses est de lui demander ce qu’il en est. » Ce qu’il a fait d’ailleurs. Et la réponse de Capgemini a fait bondir les députés, le groupe français ayant assuré au ministre qu’il « n’a pas connaissance des contrats signés » par sa filiale américaine en raison d’une « gouvernance séparée ».

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