Invité de l’émission Le Débrief de l’Actu du 23 janvier 2026, l’ancien Lion Indomptable et entraîneur de football Eugène Ekeke s’est longuement exprimé sur la situation du sélectionneur camerounais David Pagou. Au lendemain de la Coupe d’Afrique des nations, l’ex-international appelle les autorités sportives à transformer l’essai en offrant au technicien un cadre de travail stable, structuré et ambitieux.
Animée par Mathieu Fangwa, l’émission avait pour thème : « Lions Indomptables : comment capitaliser les efforts de la CAN ? ». Une question centrale, alors que le Cameroun a quitté la compétition au stade des quarts de finale, mais dans un climat que plusieurs observateurs jugent plus apaisé que lors des précédentes campagnes.
Une CAN sous le signe de la sérénité
Pour Eugène Ekeke, l’un des points positifs majeurs du parcours des Lions Indomptables réside dans l’environnement ayant entouré l’équipe durant la compétition.
« Pendant la CAN, on n’a parlé que de football », a-t-il souligné, saluant une période marquée par l’absence de polémiques extra-sportives. Selon lui, cette atmosphère a permis au groupe de se concentrer exclusivement sur le terrain, avec un leadership clairement identifié.
« On n’a entendu que l’entraîneur. On a parlé des joueurs, de Kofane, de Tchamadeu, de Pagou… Je n’ai pas entendu le président de la fédération, ni le ministre pendant toute la compétition. Et j’ai aimé ça », a-t-il insisté.
Un silence institutionnel perçu comme bénéfique, car il a renforcé la légitimité du sélectionneur, seul visage technique visible de la sélection nationale.
Un sélectionneur nommé dans l’urgence
Eugène Ekeke est également revenu sur les conditions particulières de la nomination de David Pagou, désigné moins d’un mois avant le coup d’envoi de la CAN. Un contexte qu’il juge extrêmement défavorable.
« Cinq jours avant, on te dit : tu ne peux pas prendre tel, tu ne peux pas prendre tel. Vas avec les gamins, débrouille-toi », a-t-il relaté, estimant que le technicien a su faire preuve de courage et d’adaptation.
Pour l’ancien international, le bilan doit donc être analysé avec lucidité : malgré le manque de préparation, Pagou a su maintenir le cap et préserver l’unité du groupe. « Franchement, je lui tire le chapeau », a-t-il affirmé.
Appel à la stabilité et à la projection
Au-delà du constat, Eugène Ekeke plaide désormais pour une vision à long terme. Il invite les décideurs à rompre avec la gestion dans l’urgence et à installer une véritable continuité autour de l’encadrement technique.
« Maintenant, lâchons-lui les baskets. Laissons-le se déployer », a-t-il lancé, appelant à préserver la sérénité observée durant la CAN.
Selon lui, la fédération aurait dû rapidement ouvrir des discussions au retour de la compétition afin d’offrir au sélectionneur une perspective claire.
« Un contrat, un bon salaire, de bonnes conditions »
L’ancien Lion Indomptable insiste sur la nécessité d’un accompagnement institutionnel fort, fondé sur trois piliers : la sécurité contractuelle, la valorisation financière et le renforcement des compétences.
« On aurait dû lui donner un contrat, un bon salaire, de bonnes conditions de travail », a-t-il martelé, estimant que ces garanties auraient pu empêcher le technicien de se tourner vers un projet de club.
Ekeke propose également un encadrement technique élargi ou des formations ciblées pour combler certaines insuffisances observées, dans une logique de progression plutôt que de sanction.
« On le rendra plus performant. Voilà comment on doit penser », a-t-il expliqué, convaincu qu’un Pagou accompagné peut devenir un sélectionneur capable de mener le Cameroun au sacre continental.
Une signature à Coton Sport qui attriste
La sortie médiatique d’Eugène Ekeke intervient alors que des informations font état de la signature de David Pagou comme manager général et entraîneur principal de Coton Sport de Garoua. Une décision que l’ancien international regrette profondément.
« Franchement, c’est regrettable. Je le regrette et j’en suis même attristé », a-t-il conclu.
Pour beaucoup, ce départ potentiel symbolise une occasion manquée : celle de capitaliser sur la dynamique positive née à la CAN et de bâtir, enfin, un projet durable autour des Lions Indomptables.

