Les Portugais votent pour leur président, l’extrême droite favorite du premier tour

François Xavier
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Ce dimanche, de 08 heures à 20 heures, le Portugal vote pour le premier tour de l’élection présidentielle. Et ce scrutin pourrait être synonyme de séisme politique. Première force d’opposition, l’extrême droite peut en effet franchir un nouveau palier en plaçant son candidat au deuxième tour.

Selon les sondages, André Ventura, président du parti d’extrême droite Chega (« Assez »), pourrait arriver en tête de ce scrutin, mais le député de 43 ans aurait très peu de chances de l’emporter au second tour, prévu le 8 février. Après des semaines de campagne, le candidat socialiste Antonio José Seguro semblait avoir une petite longueur d’avance sur l’eurodéputé libéral Joao Cotrim Figueiredo dans la course à la deuxième position.

Habituellement, un seul tour suffit

Sur un total de onze candidats, un nombre record, deux autres postulants conservent aussi des chances de se qualifier pour le deuxième tour : celui du camp du gouvernement de droite, Luis Marques Mendes, et un amiral à la retraite qui s’est présenté comme indépendant, Henrique Gouveia e Melo.

Le vainqueur de l’élection succédera au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, élu à deux reprises dès le premier tour. Depuis l’avènement de la démocratie au Portugal, une seule élection présidentielle s’est décidée au second tour, en 1986.

Seul candidat déjà présent lors de la précédente présidentielle de 2021, André Ventura y avait alors recueilli 11,9 % des suffrages, pour terminer en troisième position, tout juste derrière une candidate socialiste dissidente. Depuis, son parti n’a cessé de progresser, obtenant 22,8 % des voix et 60 députés lors des législatives de mai dernier, dépassant le Parti socialiste en tant que premier parti d’opposition au gouvernement de Luís Montenegro.

L’enjeu de la première place à droite

« Un nouveau score solide pour l’extrême droite confirmerait sa domination sur le paysage politique » et marquerait un nouveau chapitre dans « la bataille en cours au sein de la droite, entre le centre droit traditionnel et l’extrême droite émergente », résume dans une note le cabinet d’analyses Teneo.

André Ventura a d’ailleurs terminé sa campagne en demandant aux autres partis de droite de ne pas lui « faire obstacle » lors d’un éventuel second tour l’opposant au candidat socialiste. Mais, dans son tout dernier meeting vendredi soir, cet autoproclamé « candidat du peuple » a de nouveau durci le ton, en refusant d’essayer de « plaire à tout le monde » et en promettant de « mettre de l’ordre » dans le pays. Le candidat socialiste Antonio José Seguro, 63 ans, ancré au centre, a en revanche joué la carte du candidat rassembleur et modéré, qui se pose en défenseur de la démocratie et des services publics.

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Elu au suffrage universel, le président portugais ne dispose pas de pouvoirs exécutifs, mais il peut être appelé à jouer un rôle d’arbitre en cas de crise, disposant du droit de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives.

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