
Un coup de feu et une victime déshabillée, le visage tuméfié. Un violent guet-apens a ébranlé le bourg de Rochefort-en-Terre, en pleine nuit, entre le 29 et le 30 octobre 2025. Alors qu’une jeune mineure et une femme de 23 ans discutent avec l’ex-compagnon de cette dernière sur un parking, une Mercedes, avec trois jeunes hommes à bord, arrive vers 0 h 30. Un coup de feu est tiré, « dans les arbres ». L’ancien petit ami est roué de coups, obligé de se déshabiller, et la voiture avec laquelle il est venu est fouillée et détériorée. Les deux jeunes femmes prennent la fuite à l’arrivée de l’équipage. Il s’agit, en fait, d’un guet-apens sur fond de relation amoureuse et de vengeance. Un des prévenus, tout droit venu de Loire-Atlantique, est le nouveau petit ami de l’ancienne compagne de la victime. L’ex-compagnon aurait, quelques semaines plus tôt, dégradé le véhicule de la mère du prévenu. La jeune femme au cœur de l’affaire est poursuivie pour avoir organisé, avec sa copine mineure, le piège pour que la victime se rende, ce soir-là, à Rochefort-en-Terre.
« On n’a pas besoin de tirer pour tuer »
Quelles étaient les motivations de ces jeunes hommes, en plein milieu de la nuit, avec deux fusils à bord ? « Je ne voulais pas le tuer, je voulais lui faire peur, je ne lui aurais jamais tiré dessus », se défend le Bretillien de 22 ans « On n’a pas besoin de tirer pour tuer », rétorque la présidente. La victime reçoit, selon elle, des coups de crosse de fusil, des dizaines de coups dans le visage, sur le corps. À son amie mineure, le prévenu prévient en partant que le blessé « a été laissé pour mort ». Les jeunes filles disent toutes deux avoir été dépassées par les faits : « On ne pensait pas que ce serait si grave ». Dans la nuit, la victime parvient finalement à toquer à la porte vitrée des riverains, qui appellent les secours.
Jusqu’à trois ans requis
Aux côtés du petit ami vengeur, son neveu de 19 ans et un ami de 23 ans. Les deux comparses disent avoir suivi leur oncle et ami sans en connaître le motif. Le passage à tabac est glaçant : dix jours d’ITT, une blessure à l’œil, qui n’a pas encore retrouvé sa vision malgré une opération. Pour la procureure, il s’agit d’un dossier grave : « Dix ans encourus pour des motifs complètement futiles, une histoire de fille et de voiture dégradée ». Elle requiert trois ans de prison, dont la moitié avec sursis à l’encontre de l’organisateur ; deux ans, dont un avec sursis à l’encontre des deux comparses ; et 18 mois de prison avec sursis pour la jeune femme. Allan Beau, considéré comme l’instigateur de l’expédition punitive, a été condamné à trois ans de prison ; son neveu, Quentin Beau, et Adrien Houguet, à deux ans de prison. Le maintien en détention a été prononcé. La jeune femme, quant à elle, a écopé de 18 mois avec sursis.