
Le tribunal correctionnel de Quimper a rendu son délibéré dans l’affaire Gonidec. L’ancien élu quimpérois âgé de 44 ans, en détention provisoire depuis décembre 2025 à Ploemeur, dans le cadre d’une nouvelle procédure, a été condamné à cinq ans de prison ferme pour des agressions sexuelles et l’exercice illégal de la profession d’infirmier, ce jeudi 8 janvier. Il a pris connaissance de son jugement en visioconférence. La peine est conforme à ce que le procureur avait requis. Une peine de prison ferme non aménageable et qui ne pourra pas être suspendue même si Nicolas Gonidec interjette appel.
À nouveau jugé le 4 février à Lorient
Fasciné par les veines, Nicolas Gonidec prétextait une étude scientifique pour persuader ses victimes, des femmes, de participer à ses recherches. Il pouvait leur infliger jusqu’à quarante piqûres lors de séances photographiées et filmées, parfois ponctuées d’attouchements sexuels.
Le tribunal l’a également condamné à une peine d’inéligibilité pendant cinq ans. Il lui est en outre interdit de paraître dans le Finistère durant la même période. Il a pour obligation d’indemniser les victimes et est désormais inscrit au Fijais (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes). À sa sortie de détention, Nicolas Gonidec devra respecter un suivi sociojudiciaire pendant sept ans. Suivi comportant, notamment, une obligation de soins. En cas de non-respect, il encourt deux ans de prison supplémentaires. Le procès s’était tenu du 1er au 4 décembre 2025 à Quimper.
Le président du tribunal de Quimper a annoncé, à l’occasion de ce délibéré, que Nicolas Gonidec, en détention provisoire depuis le 8 décembre, sera à nouveau jugé, le 4 février, devant le tribunal correctionnel de Lorient, pour des faits « d’usurpation de la qualité d’infirmier et exercice de cette même profession », ainsi que pour « exercice illégal de la profession de pharmacien ». Ce que confirme le parquet de Lorient, indiquant que la prévention porte aussi sur des faits de « faux et usage de faux ».
« Je suis soulagée, ça m’aide à déculpabiliser »
Très rapidement sortie d’une salle d’audience comble après l’énoncé du jugement, cette Finistérienne âgée de 32 ans demandant l’anonymat lâche un peu la pression : « Je suis soulagée. C’était important pour moi qu’il soit condamné à la peine maximale. Cette décision de justice va m’aider à déculpabiliser. Avoir mis des mots sur ce qui s’est passé et la reconnaissance de la mécanique perverse amènent la honte à changer de camp », souffle la jeune femme, qui avait 26 ans au moment des faits.
Mettre des mots sur ce qui s’est passé et reconnaître la mécanique perverse amènent la honte à changer de camp
« Ça ne suffira pas à me réparer complètement. Mais le fait que la décision des juges soit proche des réquisitions du parquet a du sens pour moi », témoigne une autre victime quimpéroise dont l’affaire n’a pu être jointe au dossier. « Je pense que je ne suis pas la plus à plaindre : moi j’arrive à dormir, maintenant, après un suivi psychologique. »
Merci à toutes celles qui sont allées au bout de la procédure en dépassant leur sentiment de honte
Elle précise : « Constater qu’il y a beaucoup de victimes m’a aidé à comprendre que la responsable, ça n’est pas moi ». Dans le hall du tribunal, une quinquagénaire, dont le dossier n’a pas été jugé au motif de la prescription des faits, mais qui a tenu a être là, ajoute : « Merci à toutes celles qui sont allées au bout de la procédure en dépassant leur sentiment de honte ».

