Dans la nuit du 24 au 25 décembre 2025, tandis que Brest célébrait le réveillon de Noël, une alarme s’est déclenchée à l’agence Caisse d’Épargne de la rue Frézier, non loin de l’hôtel de ville. En se rendant sur place, un agent de sécurité a découvert la porte vitrée du sas brisée et un homme endormi à l’intérieur.
L’intéressé, un homme de 29 ans, a été interpellé. Le dépistage a révélé 0,77 mg d’alcool par litre d’air expiré. Sans domicile fixe, placé en détention le 25 décembre, l’homme a choisi d’être jugé immédiatement. Il a reconnu les faits, après les avoir d’abord contestés. « J’avais très froid, j’avais peur de mourir dehors », a-t-il expliqué, évoquant six ou sept bouteilles de vin bues dans la soirée. Habitué à dormir à la gare, il a assuré ne pas avoir voulu voler. « Je ne l’ai pas fait par plaisir », a-t-il insisté. Sa situation personnelle est fragile. Arrivé en France fin 2021, marié et père de deux enfants restés en Afghanistan, il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis juillet 2025.
« Je ne suis pas le père Noël, vous êtes ici pour être jugé »
Ce vendredi, le prévenu, dans le box, a expliqué : « J’aurais aimé pouvoir faire venir ma famille ici, laissez-moi cette chance ». Ce à quoi le président a rétorqué : « Je ne suis pas le père Noël, vous êtes ici pour être jugé ». Déjà condamné à plusieurs reprises, notamment pour violences, le presque trentenaire reconnaît une consommation quotidienne d’alcool et a déjà été hospitalisé deux fois en secteur psychiatrique. Un suivi addictologique lui a été proposé, mais il n’a pu honorer les rendez-vous.
Soulignant une répétition des violences et dégradations de biens, le procureur a noté la détresse évidente du prévenu, et requis quatre mois ferme. La défense a plaidé l’humanité, décrivant un homme arrivé dans son cabinet pieds nus, frigorifié, dans un état alarmant, incapable de bénéficier d’un aménagement de peine de par sa situation instable. Pour les faits jugés ce vendredi, le prévenu a finalement été condamné à deux mois d’emprisonnement avec sursis, avec interdiction de séjour dans le Finistère pendant trois ans. Il a été reconduit à la maison d’arrêt de l’Hermitage, en exécution d’un mandat antérieur.

