Effroi sur les réseaux sociaux, où une vidéo fait sensation. Sur X, elle est désormais réservée aux membres en mesure de vérifier leur âge, mais 20 Minutes a pu la consulter avant la mise en place de cette restriction. Elle avait déjà fait 810.000 vues. On la trouve également sur YouTube et Instagram.
Sur ces images, un quai de métro. Sur ce quai, une femme âgée postée derrière un homme à la bordure des rails. À l’arrivée de la rame, la première pousse le second, mais se retrouve entraînée par sa chute : les deux finissent broyés sous les roues du métro.
En commentaires, les internautes hésitent : si certains crient au deepfake, d’autres s’interrogent sur l’authenticité de ce contenu, certains allant même jusqu’à trouver la scène trop réaliste pour être artificielle. On vérifie ?
FAKE OFF
Après comparaison, l’apparence des rames et de la station suggère que la scène se déroule à New York. Les cris des badauds, en anglais (« Oh my God! » « She pushed him! ») vont également en ce sens. Compte tenu de l’âge inhabituel de l’assaillante, un tel événement n’aurait pas manqué d’être rapporté par la presse anglo-saxonne, mais si plusieurs articles relatent des crimes similaires, y compris à New York, le profil des protagonistes ne correspond jamais aux images. Il semble donc raisonnable de se tourner vers l’hypothèse du deepfake.
Pour en avoir le cœur net, 20 Minutes a regardé les images de près et en effet, plusieurs indices suggèrent un contenu généré par IA. D’abord, la femme a les mains posées sur les épaules de l’homme, qui, concentré sur son téléphone, ne paraît pas s’inquiéter de cette présence pourtant suspecte.
Ensuite, la chute de la vieille femme est improbable : elle ne semble pas basculer par accident, mais s’accrocher à sa victime. Un meurtre-suicide ? Apparemment pas, puisqu’elle tombe la tête la première au lieu de sauter à son tour. Globalement, la chute des deux corps n’a rien de naturel.
Enfin, l’attitude pour le moins étrange des nombreux témoins présents sur le quai : si l’on entend des cris (qui rappellent curieusement d’autres bruits de foule en panique générés par IA), tous restent absolument figés, comme indifférents à une situation qui, pourtant, leur fait pousser des hurlements. Seule une femme se précipite le long des rames, mais sans paraître se préoccuper de l’incident : comme par peur de rater sa correspondance, elle tente d’ouvrir une porte après l’autre alors que le métro, à peine immobilisé, n’a pas encore débloqué celles-ci.
Si l’ensemble de ces éléments permet d’affirmer de manière quasi certaine qu’il s’agit d’un deepfake, les commentaires montrent que le public reste vulnérable à ce type d’imposture.
