
Le football camerounais vit une nouvelle secousse majeure. Ce mardi à 15h30, le Premier ministre, Chief Joseph Dion Ngute, va s’inviter dans un terrain inhabituel : celui des querelles internes de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Une intervention rarissime, qui en dit long sur la gravité de la crise qui secoue l’instance dirigée par Samuel Eto’o.
À la veille de l’assemblée générale hautement controversée programmée pour le 29 novembre, la Primature a convoqué plusieurs figures influentes – et surtout farouchement opposées à l’initiative du président de la FECAFOOT. Parmi les personnalités attendues : le Général Pierre Semengue, ancien patron de la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (LFPC), l’homme d’affaires Faustin Domkeu, Balla Ongolo, Akoué Epié Domingo, l’Honorable Pierre Kwemo ainsi que le président Eteki. Un casting qui résume à lui seul la fracture profonde qui déchire le football national.
Une tentative claire : éviter l’implosion
Le gouvernement semble avoir décidé de reprendre la main pour prévenir un nouvel éclatement au sein de la FECAFOOT. Depuis plusieurs mois, les tensions s’accumulent : querelles internes, contestations publiques, soupçons de malversations, accusations de gouvernance opaque… L’assemblée générale convoquée par Samuel Eto’o apparaît comme l’élément de trop pour ses détracteurs, qui l’accusent de vouloir manipuler les textes et marginaliser les voix discordantes.
En recevant les opposants à cette AG la veille de son déroulement, Chief Joseph Dion Ngute crée de fait une tribune institutionnelle où ces acteurs pourront exposer une dernière fois leurs revendications. Et surtout, il envoie un message : l’État ne peut plus rester spectateur.
Un signal fort envoyé à la FECAFOOT
L’intervention de la Primature dans ce dossier sensible donne un poids inédit à la contestation. Si le Premier ministre décide de s’impliquer personnellement, c’est que l’incendie est jugé assez sérieux pour menacer la stabilité d’un secteur phare du pays. Cette rencontre pourrait bien devenir un tournant décisif dans le bras de fer institutionnel qui oppose Samuel Eto’o à une partie de la famille du football camerounais.
À quelques heures d’un rendez-vous qui pourrait redéfinir l’avenir de la FECAFOOT, le climat est plus électrique que jamais. Les regards sont désormais tournés vers la Primature.
Le Cameroun retient son souffle, car une chose est sûre : le match qui se joue en coulisses n’a rien d’amical.
