
Le 19 décembre 2022 le groupe fortement alcoolisé se présentait au bar La Caravelle à Saint-Malo. Face à leur état et à leur comportement agressif et pour éviter les problèmes, le gérant acceptait dans un premier temps de les servir mais refusait une seconde tournée. L’un des individus énervé a commencé à s’en prendre au patron puis à jeter des verres, suivi par ses comparses.
« J’étais beaucoup trop saoul, je ne me souviens de rien »
Un déchaînement s’en est suivi, lancement de verres sur tout le monde, bar retourné, meubles renversés, vitres brisées. Lorsque le gérant a enfin réussi à les faire sortir et à fermer l’établissement avec les clients à l’intérieur, les agresseurs ont continué à l’extérieur à cogner dans la porte et les vitres et à hurler. À l’intérieur « une scène de chaos » a lancé la Procureure. Des taches de sang au sol, des gens cachés dans les toilettes et des blessés, une dizaine de victimes.
À l’audience jeudi 20 novembre les prévenus ont perdu la mémoire. « J’étais beaucoup trop saoul, je ne me souviens de rien », soutient « celui qui a fait le plus de dégâts » selon la Présidente et les témoins. Un second avoue avoir juste donné « une claque » à un client qui aurait agressé l’un de sa bande. « Qui a cassé ces verres ? » demande la Présidente. Ils n’ont pas vu de verres cassés. Une jeune fille encore traumatisée, sérieusement blessée, en pleurs a maintenu son témoignage.
« Une scène d’attaque, de guerre »
« Un spectacle de grands guignols ou personne ne se souvient de rien » s’exclame Me Baron. Il résume la soirée « une scène d’attaque, de guerre » et demande réparation au nom du patron qui a dû fermer son établissement plusieurs mois. « Ça prend fin par la fermeture du bar par le patron puisque ça continue dehors » a rappelé la Procureure avant de réclamer des peines de prison mixtes. Pour Me Birrien en défense « le chaos oui, mais on ne sait pas ce qui s’est passé ».
Au final Jacques Debard a été condamné à 3 ans de prison dont 2 ans avec sursis probatoire, Abraham Debard à 2 ans de prison dont 1 an avec sursis probatoire (la peine ferme d’un an sera effectuée pour chacun sous bracelet électronique), les deux autres à 1 an et 8 mois de prison avec sursis, interdiction pour tous de contacter les victimes et de fréquenter les débits de boissons.