
Ni violence. Ni départ en courant. C’est tranquillement que vendredi 14 novembre, un détenu, qui participait à une sortie au planétarium de Rennes, s’est échappé. Selon nos informations, il a prétexté devoir se rendre aux toilettes après la visite du lieu culturel rennais, situé en centre-ville. Les cinq autres détenus et les trois accompagnateurs l’ont attendu. En vain. Les deux enseignants présents et un conseiller d’insertion et de probation l’ont fait appeler au micro. Peine perdue. Il avait déjà quitté les lieux à pas feutrés.
Incarcéré pour des vols fin 2024, cet homme de 37 ans était libérable en mars prochain. « Il n’avait plus que quelques mois à faire. Qu’est-ce qu’il lui est passé par la tête quand il a décidé de partir ?, souffle une source pénitentiaire. Là, il se reprend un mandat de recherche. Il a toutes les polices sur le dos. S’il est repris, et ce sera probablement le cas, il écopera d’une nouvelle peine de prison ferme. Au-delà de cela, le tollé provoqué par cette info, nous paraît exagéré. » Aux nombreuses réactions à cette évasion s’est notamment ajoutée celle du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui a fustigé sur le réseau social X : « Gérald Darmanin n’avait-il pas promis le retour de la rigueur dans les prisons ? Le Club Med continue.»
Autorisé par un juge d’application des peines
Pourtant au sein de l’administration pénitentiaire, ce fait apparait comme quelque chose «d’assez classique». Florian Adam, responsable du syndicat pénitentiaire FO, explique : « Maintenant, les prisons sont tellement sécurisées que les permissions sont quasi l’unique moyen de s’échapper. Les détenus qui ne réintègrent pas la prison suite à une permission, ce n’est pas rare. Mais là, ça fait un tollé. Peut-être parce que c’est le planétarium… Les gens aiment penser que la prison c’est le Club Med. C’est aussi ça l’insertion probation, on réadapte petit à petit les gens qui vont bientôt sortir. »
D’après les informations du Télégramme, les six détenus sélectionnés pour participer à cette sortie avaient suivi des cours de sciences à l’intérieur de la prison. Ensuite, les conseillers d’insertion et de probation ont sélectionné les profils pour cette sortie culturelle organisée par la Ligue de l’enseignement 35. Un juge d’application des peines s’était ensuite prononcé et a autorisé ces permissions.
Nouvelle mission
« Il n’y a pas eu d’erreur de l’administration pénitentiaire », estime Florian Adam qui ajoute qu’il n’y avait pas, jusqu’ici, d’obligation d’encadrer les détenus par des surveillants lors de ce type de sortie.» Une nouvelle directive a cependant été passée ce mardi 18 novembre par l’administration pénitentiaire. Désormais, les détenus en permission doivent être encadrés par au moins un surveillant pénitentiaire.
« Cela ne changera rien car nous ne sommes pas habilités à intervenir sur la voie publique, déplore le syndicaliste. On ne pourra pas leur courir après et les interpeller. De plus, cela nous ajoute une nouvelle mission. Et on n’a déjà pas assez de monde pour travailler à l’intérieur de la prison. Il y a actuellement 950 détenus à Vezin-le-Coquet pour 712 places. On envisage de poser deux matelas par terre dans les cellules au lieu d’un seul… »