
Dans une sortie médiatique explosive sur le plateau de Libre Expression sur Info TV, Abel Elimbi Lobe a sévèrement critiqué la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) et ses dirigeants actuels. Avec son franc-parler habituel, il a remis en question la légitimité de l’équipe dirigeante et appelé le président de la République, Paul Biya, à purement et simplement dissoudre l’instance.
Devant les journalistes et spectateurs, Abel Elimbi Lobe n’a pas mâché ses mots. Pour lui, l’idée selon laquelle seuls les anciens footballeurs devraient diriger la Fecafoot est non seulement fausse, mais dangereuse pour le développement du football camerounais. Il rappelle que les bâtisseurs historiques du football national n’étaient pas des joueurs professionnels :
« Tonye Mbock, qui a créé l’équipe nationale des Lions Indomptables, n’était pas un footballeur. Les premiers dirigeants qui ont porté notre football au niveau où il est arrivé n’étaient pas des footballeurs. »
À travers cet exemple, il fustige la tendance actuelle à « réserver » la gestion du football à ceux qui ont joué au haut niveau, alors que le management sportif requiert selon lui une compétence administrative, stratégique et organisationnelle, davantage qu’une carrière sur les terrains :
« Qui vous a dit que le management du football doit être l’affaire des footballeurs ? Les footballeurs, c’est les joueurs. Ils ont leur talent dans leurs pieds. Laissez-les jouer. »
Mais la sortie d’Elimbi Lobe a atteint un niveau encore plus virulent lorsque, évoquant la crise persistante à la Fecafoot, il a proposé la solution la plus radicale :
« Si j’étais à la place de Paul Biya, j’allais dissoudre la Fecafoot. »
Un appel fort qui résonne dans un contexte déjà tendu, où l’institution fait face à des controverses, des divisions internes, et une perte de confiance d’une partie du public.
En lançant cet appel frontal à la dissolution, Elimbi Lobe relance le débat sur la gouvernance du football camerounais, la légitimité des dirigeants, et la nécessité — ou non — d’un nouveau départ pour redonner confiance aux supporters et aux acteurs du football.
Reste désormais à savoir si cette déclaration fera réagir l’exécutif ou si elle alimentera simplement le débat public autour de l’avenir de la Fecafoot.
