La messe « en hommage au maréchal Pétain et à ses soldats » a démarré samedi à Verdun (55) dans une église fermée et strictement réservée aux membres de l’association organisatrice, a indiqué le préfet de la Meuse, tandis qu’une centaine de manifestants protestaient devant le bâtiment religieux.
Une vingtaine de fidèles, une centaine de manifestants
« Un tout petit nombre » de personnes, « une vingtaine au maximum », assistait à cet office en l’église Saint-Jean-Baptiste, a déclaré à l’AFP le préfet Xavier Delarue. Le maire de la ville, Samuel Hazard, avait pris un arrêté interdisant cette messe, qui a été retoqué vendredi par le tribunal administratif de Nancy.
Le préfet a précisé s’être entretenu avant la cérémonie avec le prêtre célébrant la messe, afin de s’assurer que les règles découlant de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat soient respectées, à savoir qu’aucune prise de parole ou de distribution de tracts de nature politique n’ait lieu.
A l’extérieur, un photographe de l’AFP a dénombré une vingtaine de policiers et gendarmes, tandis qu’une centaine de manifestants protestaient dans le calme, entonnant la Marseillaise.
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« Catho pas facho »
Plusieurs élus étaient présents avec leur écharpe tricolore. « Je suis profondément heurté, parce que je pense à toutes les victimes de la barbarie nazie et de la révolution nationale, l’idéologie du maréchal Pétain », a déclaré à la presse Samuel Hazard (divers gauche).
« C’est pas possible qu’on dérive comme cela », a déclaré une paroissienne, Mariette Descamps, portant une pancarte où l’on pouvait lire « Catho pas facho ». « Je suis désolée de ce qui se passe aujourd’hui », a-t-elle dit.
Le préfet de la Meuse, Xavier Delarue, va porter plainte contre des propos « clairement révisionnistes » tenus en marge de l’hommage rendu samedi « au maréchal Pétain et à ses soldats » a-t-il déclaré à l’AFP.
L’office à l’origine de la polémique est organisé par l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP).
Cette association avait été autorisée par l’archevêque-évêque de Metz, administrateur apostolique de Verdun, à célébrer la messe pour le repos de l’âme du maréchal Pétain et des victimes de toutes les guerres.
A la sortie de l’office religieux, un membre d’ADMP a déclaré devant des journalistes que le chef du régime de Vichy, condamné à mort en 1945, avait été « le premier résistant de France ».
Philippe Pétain, héros de la Première Guerre mondiale puis chef du régime de Vichy qui collabora avec l’Allemagne nazie, a été frappé d’indignité nationale en 1945.

