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« Il faut que la patience l’emporte sur la colère »… Une campagne pour apaiser les tensions entre usagers de la route

« Il faut que la patience l’emporte sur la colère »… Une campagne pour apaiser les tensions entre usagers de la route

C’est un comportement que nous avons toutes et tous déjà eu. Un coup de klaxon, une insulte, un doigt levé… Que l’on soit en voiture, à vélo, en trottinette ou à pied, nous avons tous déjà fauté, souvent sous le coup de la colère. La diversification des modes de déplacement semble clairement s’accompagner d’une hausse des tensions.

Partout dans les villes mais aussi à la campagne, des Français vous raconteront leurs mésaventures sur la route. Elles s’achèvent en général par quelques noms d’oiseaux, sans aller plus loin. Mais pas toujours. Le 15 octobre 2024, Paul Varry, cycliste de 27 ans, avait été tué par un automobiliste qui avait emprunté une piste cyclable pour sortir son SUV des embouteillages.

Un appel à la pacification de l’espace public

Un an jour pour jour après ce drame, la Sécurité routière a lancé une grande campagne de sensibilisation visant à apaiser les tensions entre les usagers de la route. Intitulée « Priorité au respect », elle s’adresse à tous les usagers, sans stigmatiser. « Le drame absolu de la mort de Paul Varry nous a tous touchés. Mais ce drame s’inscrit dans une montée en puissance de l’agressivité, de la violence et d’une manière générale de l’incivilité et de l’irrespect. Ce que l’on lance aujourd’hui, c’est plus qu’une campagne, c’est plutôt un mouvement. On lance un appel à la pacification de l’espace public », argumente Michèle Lugrand, à l’occasion d’une opération de tractage organisée à Rennes et dans quatre villes de France.

Flyers en main, la nouvelle déléguée interministérielle à la Sécurité routière tente de nouer le contact avec les passants. « On aimerait avoir une prise de conscience, montrer que chacun a son rôle à jouer. On peut tous être à la fois automobiliste, piéton, cycliste. On peut aussi un jour être perdu, chercher son chemin, être encombré et aller un peu moins vite. Il faudrait que la patience l’emporte sur l’incivilité, que l’empathie l’emporte sur la colère. Nous devons faire attention aux autres ».

« Un monsieur est sorti de sa voiture »

Pour appuyer ses propos, la déléguée par intérim distribue des autocollants jaunes arborant le message « Priorité au respect ». A coller sur sa voiture, son casque ou son sac. « Du respect ? J’ai l’impression que les gens n’en ont plus beaucoup. Dans le temps, ce n’était pas comme ça », témoigne Caroline. Comme beaucoup, l’automobiliste de 64 ans a déjà été insultée. « J’ai failli avoir un accident, j’ai klaxonné et le gars m’a fait un doigt d’honneur ! Mais ce n’est pas le pire. Un jour, il y a un monsieur qui est sorti de sa voiture pour me taper parce que je n’allais pas assez vite », raconte la jeune retraitée.

La nouvelle campagne de sensibilisation de la Sécurité routière invitant au respect comprend des autocollants à coller sur sa voiture, son casque ou son sac.
La nouvelle campagne de sensibilisation de la Sécurité routière invitant au respect comprend des autocollants à coller sur sa voiture, son casque ou son sac.  - C. Allain/20 Minutes

Kadija (prénom d’emprunt) garde, elle, les séquelles d’un accident causé par un jeune conducteur qui l’avait percuté. « Il a foncé et m’a renversée alors que je marchais à pied ». Kadija n’avait pas porté plainte et le regrette. Alors, quand elle se déplace à pied ou à vélo, elle veille « toujours au respect des autres ». « Le problème, ce sont toutes ces incivilités. En bas de chez moi, il y a une piste cyclable mais il y en a quand même qui viennent à vélo sur le trottoir ».

Notre dossier sur la sécurité routière

Cycliste résidant à Brest, Gaël était de passage à Rennes ce mercredi. Avant d’attraper son bus, il a attrapé le flyer jaune et noir. « J’ai déjà des gens qui ont voulu me renverser. A vélo, on doit parfois slalomer et je comprends que ça puisse agacer. Mais je ne fais rien de dangereux. J’estime être vraiment respectueux », confie le jeune homme. Le cas de Gaël est loin d’être isolé.

Dans une enquête réalisée en début d’année, Ipsos révélait qu’aux yeux des automobilistes français, 87 % des autres conducteurs sont mauvais. Tout en étant persuadés à 96 % qu’ils sont de bons conducteurs. « On a cette idée que le comportement irrespectueux, c’est les autres. Ce que l’on veut dire aujourd’hui, c’est que les autres c’est soi. Chacun a un rôle à jouer », rappelle la déléguée à la Sécurité routière. Mais alors, faut-il durcir la loi ? Réajuster le permis de conduire ? « S’arrêter à un feu rouge, respecter un stop, c’est du comportement, du bon sens. Notre réglementation est déjà très étoffée. Le sujet majeur aujourd’hui, c’est le comportement », conclut Michèle Lugrand.

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