Un nouvel accident qui soulève des questions. Ce samedi 11 octobre 2025, une personne qui circulait à trottinette rue du Docteur-Rahuel, en fin de matinée à Saint-Brieuc, a été percutée par deux automobilistes. Si elle a été prise en charge par le Samu et transportée au centre hospitalier (CH) Yves-Le Foll, ses jours ne sont, selon les autorités interrogées, « pas en danger ». Une enquête a bien sûr été ouverte, d’autant que l’un des conducteurs impliqués aurait pris la fuite après l’accident, mais ces faits viennent surtout raviver les interrogations des riverains du quartier quant à la dangerosité de cet axe.
Car il y a des précédents : au cœur de l’hiver 2024, un automobiliste avait traversé la façade vitrée du cabinet dentaire situé à l’angle des rues Docteur-Rahuel et Lafayette. Il était environ 3 h 30 lorsque ce conducteur avait raté son virage et s’était encastré dans le local professionnel qui, heureusement, était vide. À l’époque, les dentistes avaient indiqué au Télégramme que ce n’était pas la première fois que la vitrine du cabinet subissait un tel sort. Elles avaient également milité auprès de la municipalité pour faire sécuriser les abords de leur lieu de travail, depuis entouré de potelets métalliques.
« L’inadéquation de la rue au nombre de piétons qui y circulent »
En mai 2025, c’est une fillette de 9 ans qui avait perdu la vie, renversée dans la même rue, juste devant le magasin d’Emmaüs. Concernant ce tragique accident, la thèse d’un malaise de la conductrice est avancée, ce qui exclurait de fait un rapport avec la topologie des lieux. Mais une riveraine s’inquiète, plus globalement, de « l’inadéquation de la rue au nombre de piétons qui y circulent ». « Aux heures de sortie des classes, les collégiens de Racine et lycéens de Rabelais s’éparpillent des deux côtés de la rue et s’accumulent sur des quais de bus trop étroits », poursuit-elle.
La Ville de Saint-Brieuc poursuit ses réflexions pour sécuriser la rue du Docteur Eugène-Rahuel. (Le Télégramme/Camille André)
Les écoliers de Poutrain-Curie, dont certains regagnent le soir le quartier Sainte-Thérèse, ont à traverser la rue du Docteur-Rahuel. « Il est impossible de les laisser faire ce trajet seuls, juge-t-elle. Le stationnement sur le trottoir et les sorties de parking rendent aussi ce trajet risqué. » Interrogée, la Ville assure poursuivre des réflexions amorcées à la suite de l’accident mortel de mai dernier. « Cela concerne cette rue mais aussi les rues adjacentes, on reconnaît qu’il y a des choses à faire, nous indique le cabinet du maire. Ces nouveaux faits entrent forcément en résonance avec les précédents. »
Parmi les solutions étudiées, il y a la possibilité d’installer un feu tricolore pour faire ralentir les automobilistes. « Bien que nos comptages révèlent que la vitesse n’est pas si élevée à cet endroit, tempère la Ville. Nous réfléchissons aussi à des aménagements ou à une signalisation particulière. » Selon nos informations, la municipalité a, il y a quelques semaines, sollicité la préfecture – en lien direct avec la Sécurité routière pour ce type de demande – pour l’installation d’un radar rue de Paris, dans la continuité de la rue du Docteur-Rahuel. Mais cela a été refusé, au motif que l’axe est en ville et limité à 30 km/h.