Le crash de Morane 29 dans un étang de Rosporden, le dimanche 24 août 2025, restera une des images fortes de cet été en Finistère. Plus d’un mois après cet incident spectaculaire, sans victime, le préfet du Finistère a livré, ce lundi 29 septembre à Quimper, les premiers éléments de l’enquête. « Il ne s’agirait pas d’une défaillance technique mais humaine », a révélé Louis Le Franc, qui n’a pas souhaité détailler davantage une enquête toujours en cours, tout en indiquant que l’officier sapeur-pompier qui se trouvait à bord avait repris une activité dès le lendemain de l’événement.
« Cet incident illustre la dangerosité des actions menées sur le terrain et la gestion nécessaire du stress. On leur demande d’agir rapidement. On attend désormais les conclusions de l’enquête ». Un hélicoptère Super Puma avait extrait la carcasse de Morane 29, deux jours plus tard. Une opération spectaculaire qui avait ensuite permis d’écarter tout risque de pollution de l’étang.
Le préfet du Finistère Louis Le Franc, Maël de Calan, le président du conseil départemental, Lydie Le Hir, la vice-présidente en charge du Sdis et Sylvain Montgénie, le directeur du Sdis 29. (Le Télégramme/Régis Nescop)
« Le Finistère a une longue d’avance dans la lutte contre les incendies »
À l’heure du bilan, ce lundi 29 septembre, l’hélicoptère Morane 29, mis à disposition du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) par le Département et l’État, pour le troisième été consécutif, aura été au cœur de la stratégie de la lutte contre les feux de forêt dans le Finistère : attaquer les feux naissants, les matraquer, pour éviter toute propagation.
Avec 35 interventions (157 largages) dans le ciel finistérien, l’action conjuguée de Morane 29 avec le système de télédétection (91 % des zones à risque couvertes) s’est révélée particulièrement efficace. « Ce dispositif donne au territoire une longueur d’avance et fait du Finistère l’un des départements les mieux dotés », se félicite le préfet. Pour exemple, sur les 42 actions de déclenchements d’intervention par la télédétection, 24 l’ont été avant l’appel au centre de secours et neuf sans appels. « Cette réactivité signifie aussi moins de moyens engagés sur le terrain et une meilleure répartition des effectifs », signale Sylvain Montgénie, le directeur départemental du Sdis 29, qui rappelle l’augmentation constante des interventions pour feux de forêt : 203 durant l’été 2025 contre 141 en moyenne depuis 2014.
Près de 10 M€ de biens et d’espaces sauvés
Cette stratégie, « d’une grande efficacité », souligne Maël de Calan, sera reconduite durant les deux mois d’été 2026, avec, en pointe haute du dispositif, le renfort de l’hélicoptère bombardier d’eau, toujours en lien avec Héliberté. « La société vannetaise a fait la preuve de son professionnalisme, après le crash, en remplaçant l’appareil immédiatement. » Avec une estimation de 10 000 € par hectare non brûlé, le Finistère avance le chiffre de près de 10 M€ de biens matériels et espaces naturels préservés grâce à ce dispositif. « C’est la valeur du sauvé », avance le président du conseil départemental du Finistère, qui prévoit d’augmenter les moyens financiers alloués au Sdis lors de la prochaine session plénière du mois d’octobre.